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Céramiques - Finition

Vase cylindrique illustrant des joueurs de balle mayas

Une fois formés, les objets d'argile étaient souvent décorés. L'ajout de texture et la gravure se faisaient en incisant la surface argileuse ou en y faisant des empreintes. Des pinceaux simples étaient utilisés pour la peinture à base de minéraux. La poterie était aussi brunie pour rendre une surface brillante. La technique de décoration « en réserve » était utilisée pour créer plusieurs niveaux de décoration. L'étape essentielle de la cuisson de l'œuvre se faisait rapidement et de façon experte, souvent même sans four céramique. La décoration post-cuisson se faisait souvent en peignant l'objet de couleurs ne pouvant pas résister aux hautes températures, par exemple le bleu maya ou le cinabre. Les figurines étaient parfois parées de plumes, de textiles ou d'autres accessoires.

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Une figure féminine

La texture de la pièce était achevée par impression ou en gravant des motifs dans l'argile non durcie. Des étampes ou d'autres objets convenables étaient utilisés pour créer des motifs répétés.
Cette ancienne figure de Valdivia - la céramique la plus ancienne de la collection du Gardiner Museum - illustre les effets d'incision dans l'argile molle afin de définir sa coiffure. Cette figure façonnée de manière plutôt simple se distingue néanmoins par l'attention accordée à ses tresses élaborées.

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Une grande assiette céramique

Les plus beaux spécimens de poterie incluent ceux dont la surface était peinte de pigments minéraux avant la cuisson. Ces minéraux naturels tels l'oxyde de fer, le cuivre et le manganèse étaient disponibles dans les régions où travaillaient les potiers, ou ils pouvaient être obtenus par le commerce.
Cette méthode de texture permettait d'imprimer les surfaces céramiques de textes hiéroglyphiques, de scènes narratives, de motifs simples et complexes.
Plusieurs peintres étaient des experts capables de peindre des textes hiéroglyphiques et des figures qui nous ont permis de les identifier en tant qu'individus.

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Figure creuse d'une femme debout

Le brunissage ou l'astiquage de la surface avant la cuisson donnait à la pièce achevée une surface lisse et brillante. Afin de brunir un vaisseau, ou une sculpture à moitié séché à l'air, on les peignait d'engobe d'argile avant de les polir au moyen d'une pierre lisse. Le brunissage produit un beau lustre qui réfléchit la lumière et renforce les parois de l'objet d'argile.
Cette grande figure féminine bien tournée provenant du Mexique occidental (~ 200 Av. J.-C. - 250 Apr. J.-C.) est admirablement brunie.

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Vue détaillée d'une figure creuse d'une femme debout

La technique de décoration « en réserve » se faisait en réservant un motif particulier en le protégeant de cire ou d'un autre matériel avant de peindre la surface de la pièce ou avant de la cuire dans un feu fumant.
Ce type de décoration fait penser à la méthode du batik. L'élément stylistique principal est souvent mis en vedette par le biais de la couleur naturelle de l'argile qui est juxtaposée au reste de la surface. Cette figure du Mexique occidental (~ 200 Av. J.-C. - 250 Apr. J.-C.) est une illustration de cette méthode.

un feu

La poterie est cuite par le feu mais pas toujours dans des fours céramiques. Aux Amériques anciennes, les fouilles archéologiques ont découvert très peu de fours céramiques. La majorité de la poterie de cette aire était cuite dans des feux extérieurs, situés parfois dans des trous peu profonds.
L'argile ainsi cuite risque d'exploser ou d'être fissurée. Il est, cepandant, remarquable que parmi les céramiques fabriquées sans four céramique figurent les pièces les plus grandes, délicates et belles jamais créées.

 

La cuisson de la poterie

La poterie séchée à l'air était soigneusement placée par-dessus la matière combustible, parfois dans un trou peu profond. Elle était ensuite recouverte de pots cassés afin de la protéger du vent et d'une couche de matière combustible supplémentaire. Une fois enflammé, des algues, des brindilles ou des herbes étaient ajoutées au feu pour accélérer et pour intensifier la cuisson.
Le potier devait maintenir l'intensité de la chaleur du feu. La cuisson se faisait rapidement et de manière efficace, mais de nombreuses pièces cassaient tout de même.

Poterie noire

Les méthodes de cuisson influencent la couleur permanente de l'argile. Un feu riche en oxygène produira des couleurs brillantes et claires. En revanche, un feu qui fume donnera lieu à des tons gris ou noirs.
La surface sombre et quasi-métallique de ce pot de Chimú bruni rehausse l'effet de sa forme.

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Immense objet en céramique

Il se peut que les potiers aient obtenu certains types d'argile rare par le biais du commerce, comme le kaolin. Le kaolin est une variété d'argile fine prisée pour l'engobe blanche qui en résultait, et on l'utilisait pour peindre l'argile avant la cuisson. Les sédiments minéraux utilisés pour colorer l'argile et pour la peinture polychrome étaient également troqués.
Les couleurs dérivées à partir d'une variété d'oxydes minéraux se manifestent le plus souvent après la cuisson. Un feu riche en oxygène et dont la chaleur est bien entretenue est nécessaire à la création des couleurs vives comme celles qui figurent sur ce vaisseau nazca.

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Bol recouvert de stuc

La décoration post-cuisson se faisait avec des pigments biologiques, souvent rouges, noirs ou bleus pour rehausser la beauté des vaisseaux et des figures en céramique. Le stuc était aussi parfois utilisé pour décorer la surface d'un pot cuit, comme illustré par ce vaisseau plat provenant de Teotihuacan.
Dans l'aire amazonienne, la poterie encore chaude du feu était enduite de résine d'arbre. Ceci durcissait les parois et les rendaient en même temps imperméables pour que les vaisseaux puissent contenir de l'eau.

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Une figure céramique

Certaines couleurs étaient dotées de signification culturelle. Les Mayas associaient le rouge avec le renouvellement de la vie et du sang; le bleu signifiait le ciel et l'eau du monde de l'au-delà.
Le rouge était dérivé du cinabre, un minéral extrait des veines exposées dans la surface de la terre. Les Mayas utilisaient le cinabre moulu pour souligner les motifs gravés dans le jade, dans la céramique, dans la pierre et dans l'os. Le bleu était plutôt fuyant car il ne pouvait pas résister aux hautes températures du four céramique. Le bleu maya était créé à partir de la teinture d'indigo et du minéral attapulgite. Les tons de bleu étaient variables.

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