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Textiles - Matière premières

Un vase cylindrique maya

Outre les quelques fragments excavés de façon archéologique, les textiles créés par les anciens Méso-américains ne sont pas restés intacts. Par exemple, dans la région maya, beaucoup de nos connaissances des textiles proviennent des illustrations d'articles textiles ornant les objets en céramique, en pierre ou d'autres matériaux plus durables que les textiles. À partir de ces exemples, nous savons que les tissus mayas, tout comme ceux de leurs voisins, étaient probablement faits de coton naturel blanc et brun (Gossypium barbadense) et des fibres d'agaves. La laine de mouton, introduite par les Espagnols, est utilisée aujourd'hui pour le tissage dans certaines régions montagneuses.


Fragment de tissu

Au Pérou, le coton était aussi utilisé sur la côte. Grâce aux conditions désertiques, des milliers de textiles délicats sont demeurés intacts dans les tombeaux des dunes de sable côtières. Les cultures andines utilisaient aussi la laine des camélidés de montagne pour produire leurs tissus; l'exemple à gauche, fait de laine d'alpaga et de coton, fut créé par la culture Chancay. La laine soyeuse des alpagas était très prisée car elle prenait bien les teintures; elle était donc troquée et utilisée pour la fabrication des textiles les plus exquis des cultures des hautes et des basses terres. Les fibres libériennes et les autres fibres plus grossières étaient utilisées pour la fabrication de cordes, de filets à nœuds et d'articles tressés.

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Jupe de femme tubulaire

Les chercheurs ont émis l'hypothèse que dans la région maya, les couleurs étaient parfois appliquées aux textiles sous forme de peinture. On a trouvé des textiles dans un tombeau à Rio Azul peints de cinabre, ce qui donne une couleur rouge-orangé. Après la Conquête, l'indigo, qui créé le bleu, était produit à partir de la plante indigofera. À gauche, voici un exemple contemporain d'un tissu teint à l'indigo provenant du Guatemala. Le violet était obtenu à partir des sécrétions des mollusques de Purpura patula L. et était utilisé sur le coton; des traces de cette couleur ont été retrouvées sur des fragments de textiles anciens.

Jupe de femme tubulaire, warp ikat (chinée par teinture). Le texte tissé se lit comme suit: RECUERDOTOTONICAPAN («Souvenir de Totonicapán»). Fabriqué au Guatemala environ 1930 Apr. J.-C. (T94.0977).

Cochenille femelle

L'indigo était aussi utilisé au Pérou. Là et dans la région maya, la couleur rouge était obtenue de la cochenille femelle Dactylopius coccus, qui vit sur le cactus nopal. Une plante qui ressemble à la garance européenne aurait aussi pu être la source de la teinture rouge dans l'ancien Pérou. Le jaune provenait des arbres molle, chilca et taro des vallées côtières du Pérou. Le noir était obtenu à partir du bois de campêche et le brun à partir de l'écorce de l'arbre de nance, dans la région maya.

Image reliée au texte

Une teinture rouge vif est créée à partir des insectes cochenilles, qui s'aliment de figues de Barbarie (Opuntia), plus précisément de la variété nopal. Les insectes produisent des pigments marrons et les conservent dans leur tissus et fluides corporels. Les propriétés de teinture de la cochenille ont été découvertes par les groupes indigènes de la pré-Conquête qui faisaient sécher les insectes femelles au soleil, pour ensuite broyer leurs corps en poudre. Selon le mordant utilisé, les teinturiers pouvaient obtenir des cramoisis et des roses exquis, mais aussi des tons quasi-noirs, voire même des violets. Les corps de 70, 000 insectes séchés ne produisaient qu'un demi kilogramme de poudre de cochenille. Un acre de cactus de nopal pouvait produire de 100 à 150 kilogrammes de poudre de cochenille.

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