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Les hautes terres andines - Paysages physiques - Ressources

Une parcelle, semée de maïs, située au bord d'un escarpement

Sur la cordillère, on plantait des cultures différentes en fonction des zones environnementales diverses, et celles-ci poussent toujours de nos jours. Les plantes ayant des cycles de croissance plus courts poussent aux altitudes les plus hautes. À 2,500 - 3,200 mètres au dessus du niveau de la mer se trouvent des vallées fertiles, faisant partie de la zone écologique quechua, qui s'étendait du nord au sud. Durant l'époque inca, les pentes étaient cultivées en terrasses pour faire pousser le maïs utilisé pour la production de chicha, ou bière de maïs, si importante lors des rites et des festins incas.

Image: Une parcelle, semée de maïs, située au bord d'un escarpement.

 

Des pommes de terre

Les suni, versants des vallées, se retrouvent à une altitude de 3200 à 4000m. Ici les gens faisaient pousser les pommes de terre et les autres tubercules comme l'ulluco, l'oca et le mashua, ainsi que la céréale andine, le quinoa. A des élévations de 4, 000 à 5, 000 mètres, se trouvent les punas, c'est-à-dire les pâturages pour les camélidés sauvages (les guanacos et les vigognes) ainsi que les lamas et alpagas domestiques.

Image: Un échantillon des 3800 variétés de pommes de terre différentes qui sont cultivées dans les hautes terres péruviennes depuis les temps anciens. Notez la variété de tailles et de couleurs, apparente même dans ce petit échantillon.

Des montagnes

Les sections suivantes décrivent les différentes stratégies utilisées par les peuples montagnards anciens et contemporains pour s'adapter aux conditions environnementales variables et rudes.

- Verticalité

- Les terrasses et l'irrigation

- La variété des cultures agricoles

Des jeunes hommes rassemblent des camélidés

Verticalité

Comme nous l'avons déjà expliqué, le terrain andin varie énormément. Les communautés anciennes tâchaient d'exploiter non seulement les ressources de la zone qu'ils occupaient mais aussi celles des zones environnantes. Certaines communautés avaient le droit d'utiliser les terres dans d'autres zones en tant que pâturages ou terres agricoles, même si ces terres étaient parfois très éloignées de chez eux. Les principales zones écologiques exploitées étaient les pâturages élevés, les terres basses pour les pommes de terre et, encore plus bas, il y avait les parcelles pour le maïs. Les peuples anciens transportaient les produits agricoles provenant de ces zones diverses à dos de lama.

Une image numérique de la vie côtière près de Chan Chan

La laine pour le tissage (et même les articles textiles) provenait du plateau andin élevé, domicile des lamas et des alpagas produisant cette laine. Ces articles étaient transportés dans les régions moins élevées pour être troqués contre des denrées provenant de la côte comme le coton, le poisson séché et le maïs. Les plumes des oiseaux tropicaux, les feuilles de coca et les autres denrées étaient importées des versants orientaux et de la forêt tropicale. Des rapports existaient depuis les temps anciens entre les peuples côtiers et montagnards et les routes commerciales ont été utilisées pendant des siècles afin de créer des liens verticaux entre les individus, les familles et les organisations.

Les terrasses incas

Les terrasses et l'irrigation

Dans les hautes terres, la culture en terrasses a permis l'exploitation de toutes les terres cultivables de la région et a aussi aidé la terre à retenir son humidité. Une grande quantité de main-d'œuvre était nécessaire à la construction et à l'entretien de ces terrasses. Les fermiers ont aussi construit et entretenu des systèmes de canaux pour utiliser les rivières pour l'irrigation.

Vue détaillée de les terrasses incas

Sur la rive du lac Titicaca il existait des systèmes de champs surélevés appelés des waru waru, qui rendaient les marécages fertiles et aidaient à prévenir les dégâts causés par le gel. Pour s'accommoder aux nuits glaciales et aux jours chauds des hautes terres, les fermiers ont produit le chuño (des pommes de terre lyophilisées) et le charki (la viande lyophilisée). Ainsi, la nourriture pouvait être conservée pour de longues périodes de temps.

Image : Les terrasses incas, près des ruines de Pisac, ont transformé des versants escarpés en terres cultivables.

Des femmes provenant du village montagnard de Chahuaytiri

La variété des cultures agricoles

La majorité des plantes que cultivaient les peuples des Andes Centrales étaient indigènes à cette aire, les plus importantes étant les pommes de terre, le maïs et le coton. Dans les régions les plus élevées, les peuples cultivaient les pommes de terre, les céréales comme le quinoa et la canihua, ainsi que des tubercules telles que l'oca, l'ulluco et l'añu. Dans les vallées moins élevées poussaient le maïs et des légumineuses comme le tarwi, et des fruits comme le molle, la lucuma et le pacae ainsi que la courge, les chilis et l'amarante.

Image: Des femmes provenant du village montagnard de Chahuaytiri, au département de Cusco, lavent des pommes de terre dans un petit canal d'irrigation.

La céréale quinoa

Plusieurs de ces plantes étaient, à l'origine, cultivées exclusivement aux Andes. Le maïs et la courge étaient établis au nord, et ensuite au Pérou. Le manioc et les arachides étaient cultivés dans les basses terres tropicales de l'Amérique du Sud et se sont étendus jusqu'au Pérou. Le tabac, la patate et les haricots de Lima auraient d'abord été cultivés au Pérou. La pomme de terre fut transportée par les Espagnols en Europe et cette nourriture de base des anciens peuples a influencé énormément l'alimentation de notre monde moderne. La céréale quinoa (au premier plan) est un exemple d'une culture andine qui n'a pas été cultivée dans les autres régions des Amériques Anciennes. En revanche, la culture de maïs (à l'arrière plan) s'est répandue dans l'hémisphère entier durant les temps anciens.

Fleurs de q'olle

De nombreuses plantes étaient cueillies ou cultivées pour leur valeur nutritive, pour la création de teintures et de cordes, et pour leurs propriétés médicinales. Des exemples de plantes médicinales sont le mishpingo, une cosse de graine, ainsi que l'uña del gato (ou griffe du chat). Le relbunium est une plante faisant partie de la famille de la garance européenne (Rubia tinctorum) qui était probablement utilisée pour la production des teintures végétales rouges, alors que l'indigo était cultivé pour la production de la teinture bleue.

Image: Les fleurs de q'olle sont récoltées pour teindre la laine en jaune.

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