Les objets par eux-mÊmes

Chimú - Autobiographie

Vue détaillée d'un fragment d'un tissu

Forme

Il y a 600 ans qu'un tisserand Chimú m'a fabriqué. Quelle merveille d'être si vieux mais si bien préservé! Examiner les détails de ma composition. L'examen de ma trame nous permet d'approfondir notre connaissance des traditions anciennes particulièrement sur la façon dont les peuples anciens utilisaient leurs mains et leurs imaginations. Les tisserands andins se servaient d'une variété de techniques pour incorporer des motifs dans la structure d'un tissu. Grâce à une combinaison de connaissances techniques et de créativité, les tisserands de Chimú arrivaient à créer des motifs comme les oiseaux qui ornent mon rebord; à ce jour leur symbolisme n'est pas tout à fait compris.

Usage

Les peuples andins dépendaient des textiles pour leur survie, pour se protéger des éléments ainsi que pour leurs besoins spirituels. Je suis un des pans d'un grand pagne et je fus incorporé à un « fardo funéraire »; de nombreuses cultures ensevelissaient leurs morts avec leurs biens précieux. En général, les tissus étaient fabriqués avec beaucoup de soin et de respect, car le peuple andin croyait qu'une fois vêtu d'un article textile comme moi, mes attributs mystiques pouvaient être ressentis. Même les figurines, enterrées en tant qu'offrandes votives avec leur propriétaires, étaient presque toujours vêtues, car elles été perçues comme incomplètes sans leurs vêtements.

Enterrement

Les nombreuses étapes et techniques nécessaires à mon tissage soulignent ma valeur aux yeux de mon peuple tout comme le fait que j'ai été enterrée avec un membre de l'élite. Si vous jetez un coup d'œil sur mes décolorations de couleur marron, vous pouvez vous rendre compte que je fus enterré dans un « fardo funéraire ». Ces taches sont le résultat de la décomposition de l'ancienne momie que j'enveloppais. Les marques de décomposition ainsi que l'exécution soignée de ma fabrication confirment mon usage en tant qu'article funéraire remarquable.

Redécouverte

Pendant le siècle dernier, la tombe ancienne d'un Péruvien du nord appartenant à l'élite fut dérangée. Les articles rares et soigneusement fabriqués, moi y compris, étaient pillés pour être revendus à une époque où une telle pratique n'était pas aussi désapprouvée qu'elle l'est aujourd'hui. Même si je suis attristé par ce manque d'égards envers mon peuple, qui me voulait enseveli avec mon propriétaire, je suis au moins content d'avoir trouvé un vrai chez-moi ici au musée où on me conserve soigneusement. Par surcroît, on m'a même mis en vedette sur ce site Internet où le monde entier peut en apprendre beaucoup au sujet de mon peuple grâce à ma présence.